La photographie de maquettes (par un nul) pour les nuls

Bonjour à tous. Le sujet du jour concernera la prise de photos de nos maquettes adorées. Avant de rentrer dans le vif du sujet et dans l’aspect technique, je voudrais souligner plusieurs points. Tout d’abord je ne suis pas un pro de la photo, bien au contraire, et comme la plupart d’entre vous mes connaissances sont vraiment très limitées. Cet article sera donc vraiment accessible à tous le monde et paraitra surement très simpliste aux experts.

Avec un peu de pratique et un minimum de matériel on arrivera à faire des photographies mettant vraiment en valeur nos modèles réduits. Le moyen de faire connaitre nos réalisations passe par le biais de fora, de sites divers et variés sur internet. Autant obtenir une qualité optimale pour en souligner le plus possible leurs qualités. Avez-vous eu l’occasion (la chance) de croiser un mannequin ? Très souvent la première réaction est « elle est mieux à la télé, sur les pages d’un magazine ». Ben oui….c’est normal. En effet le mannequin est préparé, bien éclairé et bien photographié. C’est la même chose pour nos maquettes; l’éclairage sera optimal, les ombres portées diminuées, les angles de prise de vue bien choisis.. Il sera difficile d’obtenir les mêmes conditions dans les salles d’exposition. Lors de ma reprise du maquettisme il y a quelques années je restais souvent bluffé par la publication de modèles dont la qualité me paraissait impossible à reproduire, en fait cela était aussi du à la superbe qualité des photos.

J’entends déjà les récriminations au loin des détenteurs de la lumière divine; la photo de la maquette ne la représente plus fidèlement, c’est truqué, ça « pète » moins en vrai, bla-bla, bla-bla… Le meilleur photographe du monde ne pourra pas faire passer Mahité pour Elle Mcpherson. De plus, la retouche logicielle s’avère être minimaliste (on le verra plus loin). La maquette doit donc quand même avoir des qualités intrinsèques pour être jolie en photo, les teintes, les couleurs, les effets seront respectés. A ce titre il vaut mieux que les effets soient légèrement soulignés plutôt qu’effacés et, comme il n’est pas rare de le lire, que cela se traduise par un « ça se voit mieux en vrai ».

On privilégiera systématiquement un fond uni. Pour ma part et la quasi totalité du temps j’opte pour le blanc qui permet un bon contraste des couleurs. La seule couleur qui s’avère difficile à traiter avec ce fond est l’aluminium. On évitera à tout prix un mur en crépi, la nappe de mémé, l’atelier (toujours et c’est normal) en bordel, les couleurs improbables (rouge, vert pétard,…). Le plus économique et changeable à souhait reste la grande feuille de papier blanc Canson (dispo chez Culture et consorts). Le fond bleu peut être utile pour les phases de montage. La feuille n’est pas disposée à plat mais remonte en arrondi sur sa partie arrière par un moyen de calage quelconque (qui peut être chez moi le pied de la lampe de bureau, un grille pain…). Le fait que la transition entre la partie horizontale et verticale soit arrondie permet d’avoir un fond uniformément blanc. Il faut donc éviter de placer une feuille sous la maquette et une autre à 90° vers l’arrière. Penser à opter pour un papier mat sinon gare aux reflets des ampoules.

Indispensable de chez indispensable: l’éclairage. C’est le point le plus important. Pour ma part je suis peu à l’aise avec les flashs. J’ai donc opté depuis le début pour un éclairage par lampes. Quand je regarde mes premières photos la différence saute aux yeux car le fond blanc (feuille Canson) ressortait toujours gris, rosâtre, jaunâtre ou verdâtre.. Donc j’ai acheté 3 ampoules photo (forme de spirale) sur Amazon de 5500K. Elles coutent environ une dizaine d’euros chacune. Ces ampoules sont recouvertes d’un tissu blanc pour éviter les reflets trop marqués. Comme tout le monde, mon appartement n’est pas un chateau; il faut donc que l’ensemble soit facilement démontable et rangeable. Ces trois ampoules sont donc montées sur des pieds avec une parabole (l’un d’entre eux est une simple lampe de bureau). Deux sont placés sur les cotés de la maquette, un au-dessus. J’avais investi sur un ensemble plus onéreux à une époque avec 5 lampes et tout le toutim; résultat des courses : trop de lumière d’où l’impossibilité d’obtenir des couleurs nuancées, donc retour à mes trois ampoules basiques.

La question de l’éclairage étant réglée avec une lumière uniforme de 5500K (lumière blanche) il est important d’avoir une bonne balance des blancs. J’ai pour ma part placé l’appareil photo (un réflex Canon EOS 70D) en balance des blancs automatique. Comme ça, la balance des blancs est pratiquement toujours correcte et peut être éventuellement modifiée très légèrement par le logiciel. J’ai essayé de mettre la balance sur 5500K ou de la calibrer avec une mire; les conditions de lumière sont tellement changeantes que je suis revenu à la balance automatique. Je photographie quand le soleil ne rentre pas directement dans la pièce car la température de la couleur se trouve modifiée par une lumière parasite et l’appareil photo a du mal à se caler sur la bonne balance des blancs. Il est important d’avoir une part de lumière naturelle (la meilleure étant un ciel un peu nuageux). L’éclairage uniquement aux lampes (par exemple la nuit) à un coté plus artificiel que je n’aime pas trop.

Le choix de l’appareil importe finalement très peu. Si l’éclairage est de bonne qualité on pourra presque utiliser un smartphone de dernière génération. Pour plus de confort l’option reflex est sympa puisqu’on peut avoir la main sur beaucoup de réglages (et surtout la fermeture du diaphragme et le temps d’exposition).

Les réglages de l’appareil: du basique. Je reste avec une fermeture de diaphragme de l’ordre de 18 20 ou 22 (plus le diaphragme est ouvert , plus la profondeur de champ est faible – merci Didier 😉 ). Appareil en position M (manuel) et je joue sur le temps d’exposition (en surexposant légèrement) en me basant sur l’indicateur sous forme de barre qui me permet de me situer. J’évite les gros plans de type macro; c’est le seul moyen de rendre visible des défauts qui ne le sont pas à l’oeil nu. A ce titre l’utilisation d’un trépied pour des temps d’expositions un peu lent est indispensable pour éviter un effet de flou. J’ai commencé par un trépied à bas cout qui a duré peu de temps, j’ai investi dans un milieu de gamme Manfrotto 290, il est bien lourd, bien solide et j’en suis ravi !

L’angle de prise de vue. Il est capital aussi mais varie en fonction du sujet. Pour les avions, en règle générale, j’utilise principalement deux angles de prise. Un par le dessus à environ 60° (sympa pour les photos de coté et par l’arrière) et un à hauteur d’homme supposée. Généralement on évitera les prises de vue pleine face qui la plupart du temps ne rendent pas très bien d’un point de vue esthétique. La fait d’utiliser un trépied limite la position de l’appareil photo par rapport à un flash, mais celle-ci reste largement suffisante pour nos maquettes.

Les objectifs: pour les plans rapprochés de la phase de construction (photo de pièces, de modifications) utilisation d’un objectif macro Canon, pour les plans plus larges un téléobjectif Sigma 17-70mm. Avec ces deux là je couvre l’ensemble de mes besoins tant au moment des phases de construction/peinture, tant au moment de la présentation finale.

En fin de réalisation j’aime bien mettre aussi la maquette avec un fond de ciel avec des nuages et sur un sol couvert d’herbes synthétiques (utilisé pour le ferroviaire). C’est un peu mon juge de paix. A ce moment là, je joue aussi un peu sur la saturation des couleurs en les affadissant en peu. Si j’arrive à un résultat proche d’une photographie de l’avion réel de l’époque le pari est gagné, ma peinture était cohérente.

Le traitement logiciel: je le fais avec photoshop et des prises de vue en format Raw. La prise avec ce format entraine lors du visionnage de la photo pour la première fois l’ouverture d’un logiciel (camera raw) permettant quelques réglages. Comme dit plus haut ceux-ci vont se faire à minima: à savoir améliore la qualité du blanc (pour le rendre plus blanc), jouer un peu sur la netteté et éventuellement l’exposition. Les couleurs seront ainsi fidèlement respectées, les détails mis en évidence.

Une sauvegarde et le tour est joué !! A vos appareils !!

2 réflexions sur “La photographie de maquettes (par un nul) pour les nuls

    1. Les « détendeurs de La lumière divine » comme tu dis me font sourire. Cela « pète » plus que la maquette ? Et alors ? Personnellement, quand je fais des photos, j’essaie un minimum de mettre en scène la maquette, que la lumière, l’angle, les flous la valorise. Mais c’est vrai que je le fais pour me faire plaisir, pour poster sur un forum, pas pour une revue afin d’expliquer ma technique ou pour montrer ce qu’était historiquement tel ou tel avion. N’étant pas un grand photographe, je compte d’ailleurs plus sur les retouches que sur la prise de vue. Parce que, par contre, Photoshop c’est un outil de travail depuis de nombreuses années pour moi. Quoique, je me suis acheté pour Noël un bon appareil photo (Canon EOS 2000D, avec un très bon objectif 50 mm) afin de réaliser les photos de mon travail de sculpteur et je vais pouvoir l’utiliser pour mes maquettes également, cela fera je pense une grande différence. Et comme toi, j’ai acheté sur Amazon quelques lampes pour l’éclairage. Je ne suis pas fan de ce site de vente mais pour ce type de matériel, acheter du matériel en magasin spécialisé est très couteux.

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